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ives ]Il y eu aussi beaucoup de groupes dits "alternatifs" qui ne l'étaient pas du tout et qui ont fait beaucoup de compromis que des artistes dits "commerciaux"! Mais on ne va pas citer de noms!
LES BÉRUS RÉFORMÉS!
D'un côté, le rock alternatif, jusqu'au-boutiste : les Bérus. De l'autre, Indochine, le produit de la major, destiné aux gamins et forcément débilitant... Aujourd'hui, retournement cocasse, Indo continue presque en indépendant, délaissé par les médias. Et quand Les Bérus annoncent leur éventuel retour : branle-bas de combat chez les majors...
F. : C'est vrai, c'est assez cocasse. Avec les Bérus, il y a des gens qui ont pensé qu'il y avait un coup à faire, puisqu'un jour on m'a fait rencontrer Doc Gynéco! C'était pas pour faire un coup, que j'ai refusé évidemment...
En accord avec le Bureau Politique des Bérurier Noir (rires)! Non, mais c'est vrai, il y a eu un frisonnement, notamment dans les majors, suite à ce qui était une boutade lancée par le chanteur des Wampas qui, un jour, sur Ouï FM, a dit que les Bérus allaient se reformer!
N. : Comment ça fonctionne Bérus d'abord? C'est toi tout seul? Et les autres? Parce que moi, j'avais vu Laurent il y a quelques années à l'enterrement de Christian Lebrun (rédacteur en Chef de Best dans les 80's -- ndr) et depuis plus de nouvelles...
F. : Ben, les Bérus, c'est essentiellement trois personnes, les trois auteurs-compositeurs, c'est-à-dire, François, Masto et Laurent. Alors, c'est vrai, on est dispersés mais on est toujours en contact. Assez flou et distendu, reconnaissons-le, parce qu'on a des vies très différentes aujourd'hui. Mais, on décide toujours des choses qui concernent le groupe en trio.
N. : Ben, tu vois, nous, on a toujours été assimilé à un groupe-produit lancé par une major alors qu'on a toujours décidé de tout nous-mêmes et ce, depuis le début. On a commencé à la limite comme vous, comme un groupe de banlieue dans la mouvance punk.
Ensuite, ça a été les concerts au Rose-Bonbon où, c'est rigolo, "L'aventurier" était considéré à l'époque comme un hymne skin! Mais c'est vrai qu'à l'époque, les choses ont pris une tournure différente dans la mesure où nous, on s'était fait un plan à l'anglaise : faire de bonnes chansons, des singles et être signés par une maison de disques.
Et là, il y a toujours eu un hiatus et un débat entre alternatif et commercial qui à mon sens a toujours été caduque. À partir du moment où tu écris des chansons et que tu fais des disques, d'un côté comme de l'autre, c'est pour les vendre... La démarche est exactement la même.
UN GROUPE DE BANLIEUE
Sauf que la proportion concernant Indo était démesurée...
N.: Oui, c'est vrai. C'était du délire, on avait vendu en 1986, plus de disques que Téléphone, tu ne pouvais pas ouvrir la radio sans nous entendre. Ça a dû gaver beaucoup de gens, ce que je comprends tout à fait, ce qui a eu pour conséquence d'attiser les haines et les rancoeurs contre Indo.
Mais, pas forcément pour les bonnes raisons. En tout cas, pas pour des raisons strictement musicales. Mais l'histoire de la musique et du rock est une histoire de réactions et de contre-réactions...
F. : Enfin, nous, on était en réaction contre personne. On faisait notre truc. On n'avait pas créé Bérus pour réagir à des choses comme Indochine. On était simplement un groupe de la marge et qui s'y sentait bien.
Avant Bérurier Noir, il y avait les Béruriers, un groupe de banlieue. Et, c'est sur le concert de deuil pour la disparition de Bérurier que s'est créé Bérurier Noir! Tout ça pour dire qu'on fonctionnait dans un milieu très arty, sans trop se soucier de ce qu'il y avait autour.
En fait, le premier concert des Bérus a eu lieu à l'usine Palikao qui était plus ou moins un lieu d'avant-garde où se déroulaient des performances. Le gars nous avait dit : "Je ne veux pas d'un groupe de rock normal, je veux un show où quelque chose comme ça!"
Faut dire qu'à l'époque, il passait de la danse buto, et Rita Mitsouko y faisait des semi-performances. Donc, moi, je me suis pointé avec une mallette dans laquelle il y avait des masques. De fil en aiguilles, ça a donné Bérurier Noir, voilà. Bérus, à l'origine, c'est plus une troupe de théâtre...
N. : Ouais, c'est ça, ce n'était pas du tout la même démarche que la nôtre.
Est-ce qu'à un moment donné, les uns et les autres, votre image vous a fait chier?
N. : Moi, ce que je sais surtout, c'est qu'il y avait beaucoup de fans d'Indo qui étaient allés voir les Bérus. Notamment quand vous êtes passés à l'Olympia en 1989. Il y avait beaucoup de fans d'Indo qui allaient voir les Bérus parce qu'ils aimaient bien ce qui se passait sur scène.
Ils ne se posaient pas de questions. Moi en revanche, ce qui m'emmerdait le plus, c'était que j'avais le sentiment que jamais on arriverait comme en Angleterre! Cette capacité à vendre des disques, à assumer une popularité et à rester crédible.
On retombait tout le temps dans le clivage variété/rock alternatif. Or, la démarche d'Indochine au début, c'était effectivement d'accepter de faire des grandes télés, de paraître dans la presse "jeune" mais dans la mesure où on avait le sentiment d'être vraiment différents de ce qu'on trouvait auparavant dans ces médias, genre Mike Brandt!
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