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: Archives ] Indorealestates Lt Modules Php Name Top Indo Real Estates Realestate Newestate ElitehomeEt là, il y a toujours eu un hiatus et un débat entre alternatif et commercial qui à mon sens a toujours été caduque. À partir du moment où tu écris des chansons et que tu fais des disques, d'un côté comme de l'autre, c'est pour les vendre... La démarche est exactement la même.
UN GROUPE DE BANLIEUE
Sauf que la proportion concernant Indo était démesurée...
N.: Oui, c'est vrai. C'était du délire, on avait vendu en 1986, plus de disques que Téléphone, tu ne pouvais pas ouvrir la radio sans nous entendre. Ça a dû gaver beaucoup de gens, ce que je comprends tout à fait, ce qui a eu pour conséquence d'attiser les haines et les rancoeurs contre Indo.
Mais, pas forcément pour les bonnes raisons. En tout cas, pas pour des raisons strictement musicales. Mais l'histoire de la musique et du rock est une histoire de réactions et de contre-réactions...
F. : Enfin, nous, on était en réaction contre personne. On faisait notre truc. On n'avait pas créé Bérus pour réagir à des choses comme Indochine. On était simplement un groupe de la marge et qui s'y sentait bien.
Avant Bérurier Noir, il y avait les Béruriers, un groupe de banlieue. Et, c'est sur le concert de deuil pour la disparition de Bérurier que s'est créé Bérurier Noir! Tout ça pour dire qu'on fonctionnait dans un milieu très arty, sans trop se soucier de ce qu'il y avait autour.
En fait, le premier concert des Bérus a eu lieu à l'usine Palikao qui était plus ou moins un lieu d'avant-garde où se déroulaient des performances. Le gars nous avait dit : "Je ne veux pas d'un groupe de rock normal, je veux un show où quelque chose comme ça!"
Faut dire qu'à l'époque, il passait de la danse buto, et Rita Mitsouko y faisait des semi-performances. Donc, moi, je me suis pointé avec une mallette dans laquelle il y avait des masques. De fil en aiguilles, ça a donné Bérurier Noir, voilà. Bérus, à l'origine, c'est plus une troupe de théâtre...
N. : Ouais, c'est ça, ce n'était pas du tout la même démarche que la nôtre.
Est-ce qu'à un moment donné, les uns et les autres, votre image vous a fait chier?
N. : Moi, ce que je sais surtout, c'est qu'il y avait beaucoup de fans d'Indo qui étaient allés voir les Bérus. Notamment quand vous êtes passés à l'Olympia en 1989. Il y avait beaucoup de fans d'Indo qui allaient voir les Bérus parce qu'ils aimaient bien ce qui se passait sur scène.
Ils ne se posaient pas de questions. Moi en revanche, ce qui m'emmerdait le plus, c'était que j'avais le sentiment que jamais on arriverait comme en Angleterre! Cette capacité à vendre des disques, à assumer une popularité et à rester crédible.
On retombait tout le temps dans le clivage variété/rock alternatif. Or, la démarche d'Indochine au début, c'était effectivement d'accepter de faire des grandes télés, de paraître dans la presse "jeune" mais dans la mesure où on avait le sentiment d'être vraiment différents de ce qu'on trouvait auparavant dans ces médias, genre Mike Brandt!
Or, il y avait eu une ouverture avec Téléphone, on se mettait à y trouver des groupes de rock - enfin quand je dis "groupes de rock", je veux dire "gens qui écrivent leur musique" en fait - mais ça n'a pas été perçu comme ça.
Cela étant, les choses avaient quand même changé : 1986, tu as le changement de gouvernement, les manifestations étudiantes et nous, comme on a toujours été positionnés à gauche, on se retrouve avec des problèmes de "censure" sur une chanson comme "Les Tzars", tout ça est venu en même temps.
Cela dit ça n'a pas changé la vision des choses qu'avaient les gens : Bérus, groupe alternatif, Indo, groupe commercial.
F. : Nous, le problème à l'époque et je pense que c'était une faiblesse, on ne s'occupait pas de nos affaires financières. On faisait du rock juste pour la subversion. On venait d'une mouvance amar.
On était partagés entre les Reds et les Noirs, les anarchistes et les pro-Lutte Ouvrière et c'est vrai que pour les concerts, on passait plus de temps sur les stands qui défendaient les prisonniers qu'à savoir combien on allait avoir dans la poche! Et, en 1989, quand on s'est retournés contre Bondage, c'était essentiellement pour des raisons de thunes...
N. : C'est vrai cette légende selon laquelle vous ne déclariez pas vos titres à la Sacem?
F. : Tout à fait!
N. : Tu sais donc qui a profité du fric que vous avez généré?
F. : Ouais, c'est passé en P.A.I.
N. : Ça veut dire que ça a profité à Goldman, etc. Les plus gros vendeurs en France!
"STALIENS DU ROCK"
F. : En fait, on a pu récupérer une partie de nos droits plus tard. Mais, cela dit, à l'époque, ça ne nous intéressait pas, la Sacem était vécue comme un monopole, et on ne voulait pas rentrer dans le système. Malheureusement, il est impossible d'y échapper.
C'est en 1988, qu'on a commencé à déclarer les titres, c'est moi qui ait commencé, quasiment en cachette d'ailleurs, parce que ça commençait à poser beaucoup de problèmes et que ça commençait à faire beaucoup de fric.
Mais, jusqu'à cette prise de conscience, c'est clair qu'on s'en foutait. C'est d'ailleurs probablement la cause de ça qu'on a gagné cette étiquette de "Staliens du rock" qui nous a collé à la peau. Bon, on avait une attitude sans doute politique, anti-commerciale.
N. : ...mais nettement plus radicale que les groupes de rap aujourd'hui! C'est marrant parce qu'on venait tous de ce background politique. Nous à Indo y compris. Stéphane, mon frère, était à la Ligue Communiste, etc.
F. :
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